Algérie : Ali Haddad fait tomber 12 anciens ministres avec lui

Algérie – Alors que son procès se tiendra devant la Cour d’Alger le mois de mars prochain, Ali Haddad fait plonger une douzaine d’ex-hauts responsables avec lui, tous poursuivis dans le cadre du « dossier ETRHB ».

Après de longues investigations et la mobilisation de plusieurs instances judiciaires et financières, le sulfureux « dossier ETRHB » de l’homme d’affaires et ex-patron du FCE Ali Haddad a été envoyé à la Cour d’Alger et le procès a été fixé pour le mois de mars prochain, soit une année après son arrestation; a rapporté le quotidien Le Soir d’Algérie dans son édition du 16 février. 

En effet, selon des sources proches du dossier citées par le journal, l’enquête et le processus d’expertise ont nécessité pas moins de 35 évaluations, en raison de la complexité des documents exploités au cours de cette lourde affaire dont les enjeux remontent au plus hautes sphères de l’Etat.

Ali Haddad tombe, mais pas seul : Les noms des ex-ministres révélés

« L’ex-président du FCE a fait plonger avec lui une douzaine d’anciens hauts responsables, notamment les deux ex-premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, auditionnés à maintes reprises dans l’affaire automobile par les juges d’instructions du tribunal de Sidi M’hamed et de la Cour suprême », a indiqué Le Soir d’Algérie.

Outre Ouyahia et Sellal, l’on retrouve plusieurs ex-ministres du sérail à l’instar de Abdelghani Zaâlane, Amar Ghoul, Mohamed El-Ghazi, Amara Benyounès, Saïd Barkat, Mahdjoub Bedda, Karim Djoudi, Amar Tou ou encore Abdelkader Bouazghi, tous poursuivis dans le cadre de l’affaire « ETRHB Haddad ».

S’y joindront également d’autres responsables, notamment les ex-Walis d’Alger et d’El-Bayadh aux côtés de hauts cadres du secteur de l’agriculture et du transport en tant qu’accusés ou témoins, a fait savoir la même source.

L’empire Haddad au cœur de la tourmente

Ali Haddad et tous ses compagnons cités plus haut sont accusés de « trafic d’influence, dilapidation de deniers publics, abus de pouvoir volontaire, conflit d’intérêts avec violation des dispositions législatives et réglementaires des marchés publics et conclusion de contrats relative à l’octroi d’avantage illicite », selon un communiqué publié par la Cour d’Alger cité par le journal.

Déjà condamné deux fois en dehors de l’affaire ETRHB, l’ex-propriétaire de ce groupe s’est vu infliger par le tribunal de Sidi M’hamed le 10 Décembre dernier une peine de 7 ans de prison ferme assortie d’une amende de 500.000 DA, concernant le dossier du montage automobile et le financement occulte de la campagne électorale du 5ème mandant du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Dans la foulée, Haddad a été condamné par le tribunal de Bir Mourad Rais en juin 2019, à 6 mois de prison ferme assortie de 50.000 DA pour « faux et usage de faux » dans l’affaire des « 2 passeports ». 

À côté de ses affaires judiciaires, Haddad a enchaîné les mauvaises nouvelles en l’espace de quelques semaines depuis le début de l’année en cours. En effet, l’homme d’affaires a vu 11% des actifs financiers détenus chez l’entreprise Fertial, saisis par la banque BNP Paribas. Quelques jours plus tard 200 conteneurs « excessivement surfacturés » lui appartenant ont été saisis par les services douaniers d’Oran.

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